Auteur : Christian LUTZ, MD, PhD – Institut de Chirurgie Orthopédique et Sportive, Strasbourg
Introduction
La prothèse de genou constitue le traitement ultime de la gonarthrose invalidante. Malgré des taux globaux de succès élevés, près de 30 % des patients restent insatisfaits. L’optimisation des indications et du choix des implants est donc essentielle pour améliorer la satisfaction fonctionnelle.
Indications
L’indication repose avant tout sur l’interrogatoire. Les critères principaux incluent l’intensité douloureuse, la consommation d’antalgiques, les limitations fonctionnelles (marche, escaliers, conduite automobile) et l’impact sur les activités sportives ou occupationnelles. L’imagerie, bien que nécessaire (pincement complet sur radiographie, examens complémentaires si doute), ne doit pas primer sur la symptomatologie : on n’opère pas une radiographie, mais un patient.
Il est crucial de prendre en compte les attentes et priorités des patients : certains visent la disparition de la douleur, d’autres la reprise d’une autonomie fonctionnelle ou d’une activité spécifique. Ces attentes conditionnent la perception du résultat et expliquent une partie des
insatisfactions malgré une chirurgie techniquement réussie.
Les facteurs de risque d’insatisfaction doivent être identifiés : âge jeune avec attentes élevées, sexe féminin, arthrose post-traumatique, comorbidités (polyarthrose, fibromyalgie) et facteurs psychologiques (dépression, anxiété). Une information partagée et réaliste est indispensable dans la décision thérapeutique.
Choix des implants
Il ne s’agit pas d’opposer la prothèse totale de genou (PTG) de la prothèse unicompartimentale (PUC), chacune ayant des indications bien précises. Les indications traditionnelles des PUC (atteinte
unicompartimentale isolée, déformation limitée, absence de laxité, absence de pathologie inflammatoire, IMC < 35) se sont récemment élargis. Si les résultats semblent équivalents dans la littérature entre ces 2 types d’implants, la conservation du pivot central dans les PUC améliore la proprioception et la cinématique du genou, permettant ainsi une perception plus « naturelle » du genou.
Alignement et technologies
L’approche historique de l’alignement mécanique est aujourd’hui challengée par le concept d’alignement personnalisé, visant à restaurer le phénotype anatomique propre du patient. Les nouvelles technologies d’assistance chirurgicale permettent d’affiner cette stratégie, même si les résultats à long terme restent à confirmer. Ce changement conceptuel interroge aussi sur la place des orthèses plantaires en post-opératoire.
Conclusion
Le succès de la prothèse de genou dépend avant tout d’une indication pertinente, centrée sur le patient et ses attentes. Le choix entre PTG et PUC doit être guidé par des critères précis, et l’alignement personnalisé ouvre de nouvelles perspectives pour améliorer la satisfaction.
Mots-clés : prothèse de genou, indications, prothèse unicompartimentale, alignement personnalisé, satisfaction patient.
