Démembrement et prise en charge des douleurs de jambe à l’effort

Auteur : Pr Fabrice MICHEL – Services de Médecine Physique et de Réhabilitation, et de Médecine du Sport, CHU Besançon

Introduction

Les douleurs de jambe à l’effort constituent un motif fréquent de consultation. Elles peuvent résulter de diverses étiologies, allant des pathologies vasculaires aux troubles musculo-squelettiques ou neurologiques. Dans le cadre sportif les atteintes osseuses, musculaires et vasculaires prédominent et peuvent même parfois être associées. Une évaluation précoce et une prise en charge adaptée sont essentielles sachant que le démembrement de ce type de douleurs est souvent mal connu.

Dépistage des douleurs de jambe à l’effort

Le dépistage repose sur une démarche clinique rigoureuse. L’anamnèse permet de préciser la localisation, l’intensité, la durée et les circonstances d’apparition des douleurs, ainsi que leur réversibilité après repos et la description éventuelle d’un périmètre de course. Les antécédents médicaux et facteurs de risque (tabac, diabète, hypertension, dyslipidémie, médicaments…) doivent être identifiés.

L’examen clinique complète cette étape, en recherchant tout d’abord des pathologies vasculo-nerveuses qu’elles soient locales ou plus proximales (sciatique tronquée, canal lombaire étroit, insuffisance veineuse, artère poplitée piégée), puis des pathologies ostéo-articulaires (projections de douleurs de genou ou de cheville, périostite, fracture de fatigue), et enfin des causes musculo-tendineuses locales (lésion musculaire intrinsèque, syndrome de loge). Il ne faudra pas oublier d’analyser d’éventuelles myalgies plus diffuses de causes générales qu’elles soient organiques ou fonctionnelles (effets secondaires médicamenteux, déconditionnement…).

Dans le cadre sportif il faut surtout insister sur certains diagnostics :

– Les fissures de fatigue (fracture de stress), caractérisées par une douleur osseuse localisée, augmentée à l’effort et calmée au repos, souvent associée à un point douloureux précis à la palpation.

– La périostite, responsable de douleurs diffuses sur la face antéro-médiale de jambe, fréquemment liées au surmenage sportif et sensibles à la palpation du bord médial du tibia (souvent jonction tiers inférieur tiers moyen).

– Les lésions musculaires marquées par une douleur reproduite lors de la triade clinique (étirement, contraction résistée, palpation) avec une impotence fonctionnelle variable.

– Le syndrome de loge d’effort, provoquant des douleurs profondes apparaissant après quelques minutes d’exercice, avec sensation de gonflement, de tension et parfois des paresthésies, le tout disparaissant après repos. L’entrainement aggrave le tableau clinique et réduit progressivement le périmètre de course.

– L’artère poplitée piégée, cause rare mais significative, entraînant des douleurs ischémiques à l’effort, souvent bilatérales chez le sportif jeune, parfois associées à une diminution des pouls périphériques lors de certains mouvements (flexion plantaire contre résistance , flexion dorsale passive).

– Les causes neurologiques ne doivent pas être oubliées et justifient de réaliser un examen neurologique rigoureux à la recherche d’une atteinte radiculaire ou d’une canalopathie avec atteinte nerveuse périphérique (syndrome du muscle piriforme…).

Les examens complémentaires seront orientés par les constations cliniques et seront centrés sur les structures osseuses, musculaires, vasculaires et neurologiques. Parmi ceux-ci il faudra sélectionner les radiographies articulaires et de segment jambier, un scanner ou une IRM de jambe, une scintigraphie osseuse ou une échographie pour les structures osseuses et musculo-tendineuses, un échodoppler, un angioscanner ou angio-IRM  pour l’analyse morphologique et hémodynamique des vaisseaux des membres inférieurs, une prise de pression des loges musculaires dans le cadre des syndromes de loges.

Prise en charge thérapeutique :

La stratégie thérapeutique dépend de l’étiologie identifiée et repose sur une approche personnalisée et graduée en particulier en fonction des contraintes sportives ou professionnelles (mesures hygiéno-diététiques, rééducation, traitement médical, chirurgie…).

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